Bienvenue_bobolandComme son nom l’indique, Bienvenue à Boboland est une plongée satyrique dans le milieu bobo Parisien du Canal Saint-Martin. Il s’agit d’une compilation de la chronique éponyme parue dans le magazine Fluide glacial. Dupuy et Berberian sont les auteurs. Fait rares en BD, ils sont tous les deux à la fois dessinateur et scénariste. Qu’ils se moquent des bobos a quelque chose d’étonnant, vu que cela fait près de 20 ans (déjà!) qu’avec Monsieur Jean, ils dessinent LA BD bobo par excellence. En plus, en tant qu’illustrateurs, ils ont signé de nombreuses affiches de films typiquement bobos, de nombreuses pub à destination de bobos, etc.

Le premier étonnement, c’est le papier utilisé, beaucoup plus épais que du papier normal. Du coup, même s’il est vendu au même prix qu’une BD  ayant le même nombre de page, on a l’impression de s’être fait avoir.

Bienvenue à Boboland commence son forme de strips, avec des tranches de vies d’anonymes censés représenter les bobos. Une planche, un trait sommaire et la chute à la fin. On reconnait l’influence de Berberian, élevé aux comics US et aux histoires tenant sur une seule planche du Journal de Tintin. Ils avaient déjà essayé de faire cela du temps de Monsieur Jean. Mais dés la fin du premier album, les récits commencaient à prendre plusieurs pages, il y avait des personnages récurrents et une chronologie s’installait. Le 3e album était une histoire complète, même si elle était découpé en récits. Et au 4e album, ils ont abandonné ce découpage.
17 ans plus tard, même causes, même effets: très vite, il y a des personnages récurrents qui apparaissent, avec une chronologie, etc. Or, le soucis, c’est que tout ces personnages se ressemblent beaucoup. Ils sont tous aussi oisifs, tous aussi cyniques, tous aussi préoccupés par le paraitre (comme la nourriture bio ou le commerce équitable), etc.
L’idée maitresse de ces chroniques, c’est que sous aspect de personnes "conscious", les bobos ne sont que des égoïstes cupides. C’est la moral de presque toutes les histoires.
Du coup, à force, la B.D. tourne en rond et on s’ennuie. Dommage.